jeudi 5 février 2009

Déclaration de ressources

" ... Es-tu bien sûr que ton papa et ta maman n'envisagent pas dans les trois mois à venir de s'acheter une Bentley avec leur RMI ?"










Ce matin, entre le bunker de Chérèque et une CAF parisienne.

mardi 3 février 2009

L'Appel du 3 février




Houilles, le 3 février 2009,



Compatriotes, compatriotes,



L'action gouvernementale est odieusement malmenée par une meute de grossiers personnages qui préfèrent à l'action constructive les quolibets fielleux et la calomnie. Ces comportements puérils doivent impérativement cesser.

C'est à nous, élite éclairée, d'apporter la bonne nouvelle à nos compatriotes. L'incompréhension est grande, notre mission pédagogique nécessaire. C'est pourquoi, nous nous engageons par la présente à mettre en oeuvre, dans une synergie avec tous les partenaires sociaux, un grand chantier d'explication de textes à travers le pays . La Nation française doit comprendre dans son ensemble les mesures bienveillantes courageusement entreprises par notre gouvernement.

Amis pauvres, soyez solidaires. Avez-vous entendu ce matin sur les ondes de France Inter les voeux de notre ministre de la Relance, Patrick Devedjian ? "Soyons solidaires". Amis pauvres, vous qui conservez dans vos placards Conforama quantités et quantités de Bolino Leader Price, pensez à vos amis riches. Confectionnez avec vos petites mains des paniers en osier garnis de vos surplus spoliés aux Restaurants du Myocarde. Les riches aussi ont besoin d'attentions délicates. Aussi, et en vertu de la solidarité que ces temps de crise des assurances-vies exigent, nous vous invitons cordialement à léguer vos jambes de bois. On n'a pas idée de ce qu'une seule de ces prothèses d'un autre temps peut apporter de réconfort et de chaleur dans une cheminée à Gstaad.

Vous vivez grassement, les études sanitaires s'accordent sur ce point. Prenez exemple sur les riches, a-t-on déjà entr'aperçu dans un vaisselier serviettes en papier et frites à l'huile dans un confiturier ? C'est en favorisant une relance par l'offre et non par la demande que notre économie retrouvera ses lettres de noblesse. Tous les observateurs ont attiré notre attention sur ce fait : un RMI augmenté = produits taïwanais dans un F2 stockés. Aussi, nous vous encourageons vivement à renouveller vos services de réception auprès de la Manufacture de Sèvres - le travail du biscuit y est exceptionnel et les tarifs défient toute concurrence-. Il ne s'agit plus de niveller vers le bas et de réaliser ses achats de tentures chez Monsieur Meuble. Avez-vous déjà songé aux Gobelins ?

Les temps sont durs et l'heure n'est pas aux atermoiements émanant successivement de tous ceux protégés par la fonction publique, le RMI et les allocations chômage. Cessons de nous déchirer et de nous enliser dans de stériles et inefficaces débats idéologiques. L'heure est à la solidarité et au partage.

Pourquoi ne pas convertir votre prêt au taux exceptionnel de 20,3 % TEG en dons défiscalisés en faveur d'un riche ? Il en sera à jamais reconnaissant. Nous en voulons pour preuve cette initiative lancée en Mayenne par un riche qui a préféré conserver l'anonymat : les cellules mises à disposition par Martin Bouygues -appelons ainsi ce bienfaiteur- qui vous accueilleront 24 h/24 pour participer activement à l'effort national disposeront chacune d'une télévision et d'un magnétoscope VHS Pal-Secam. Vous pourrez ainsi visionner à l'envi le journal de 13 h de Jean-Pierre Pernaut.



Vivre chichement n'autorise en aucune façon l'antipatriotisme primaire.




Solidarité, écoute et tiendre compte.





Premiers signataires :

La Fondation Georges Beller est vivant, le Cercle Phil Barney et streptocoques, le Haut-Commissariat pour la VIème Marthe Mercadier, l'Association pour la réintroduction des ragondins dans les cantines scolaires, l'Amicale des constitutionnalistes de Bourg-la-Reine, le Club Démocratie et Laurent Petitguillaume, le Collectif Cathéters et Cotillons, le Rassemblement bec-de-lièvre et libertés publiques, l'Union pour la panthéonisation de Margie Sudre, l'Intersyndicale MC Hammer et 49-3 ...





La musique du meeting organisé pour présenter notre Appel, cet après-midi à Houilles.





Le spot de l'Appel, que vous pourrez entendre chez vous dès demain matin dans votre poste de radio, est disponible sur ce site.

lundi 2 février 2009

Votez Thaumaturge






"N'avez-vous pas entendu parler de cet insensé qui, ayant allumé une lanterne en plein midi, courait sur la place du marché en criant sans cesse : "Je cherche Dieu ! Je cherche Dieu !" - Et comme se trouvaient précisément rassemblés là beaucoup de ceux qui ne croyaient pas en Dieu, il suscita une grande hilarité. L'a-t-on perdu ? dit l'un. S'est-il égaré comme un enfant ? dit un autre. Ou bien se cache-t-il quelque part ? A-t-il peur de nous ? S'est-il embarqué ? A-t-il émigré ? - ainsi criaient et riaient-ils tous à la fois. L'insensé se précipita au milieux d'eux et les perça de ses regards. "Où est Dieu ? cria-t-il, je vais vous le dire ! Nous l'avons tué - vous et moi ! Nous tous sommes ses meurtriers ! Mais comment avons-nous fait cela ? Comment avons-nous pu vider la mer ? Qui nous a donné l'éponge pour effacer l'horizon tout entier ? Où roule-t-elle à présent ? Vers quoi nous porte son mouvement ? Loin de tous les soleils ? Ne sommes-nous pas précipités dans une chute continue ? En avant, en arrière, de côté, de tous les côtés ? Est-il encore un haut et un bas ? N'errons-nous pas comme à travers un néant infini ? Ne sentons-nous pas le souffle du vide ? Ne fait-il pas plus froid ? Ne fait-il pas nuit sans cesse et de plus en plus nuit ? Ne faut-il pas allumer les lanternes dès le matin ? N'entendons-nous rien encore du bruit des fossoyeurs qui ont enseveli Dieu ? Ne sentons-nous rien encore de la putréfaction divine ? - les dieux aussi se putréfient ! Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c'est nous qui l'avons tué ! Comment nous consoler, nous, les meurtriers des meurtriers ? Ce que le monde avait possédé jusqu'alors de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous nos couteaux - qui essuiera ce sang de nos mains ? Quelle eau pourra jamais nous purifier ? Quelles solennités expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer ? La grandeur de cet acte n'est-elle pas trop grande pour nous ? Ne nous faut-il pas devenir nous-mêmes des dieux pour paraître dignes de cette action ? Il n'y jamais d'action plus grande - et quiconque naîtra après nous appartiendra, en vertu de cette action même, à une histoire supérieure à tout ce que fut jamais l'histoire jusqu'alors!" - Ici l'insensé se tut et considéra à nouveau ses auditeurs : eux aussi se taisaient et le regardaient sans comprendre. Enfin il jeta sa lanterne au sol si bien qu'elle se brisa et s'éteignit. "J'arrive trop tôt, dit-il ensuite, mon temps n'est pas encore venu. Ce formidable événement est encore en marche et voyage - il n'est pas encore parvenu aux oreilles des hommes. Il faut du temps à la foudre et au tonnerre, il faut du temps à la lumière des astres, il faut du temps aux actions, après leur accomplissement pour être vus et entendus. Cet acte-là leur est encore plus lointain que les astres plus lointains - et pourtant ce sont eux qui l'ont accompli ! " On raconte encore que ce même jour l'insensé serait entré dans différentes églises où il aurait entonné son Requiem aeternam Deo. Jeté dehors et mis en demeure de s'expliquer, il n'aurait cessé de répondre : "Que sont donc ces églises, si elles ne sont les caveaux et les tombeaux de Dieu - ? "

Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir






Beaucoup commencent à rire. Le rire est devenu outrage; la nouvelle divinité qui a du crier en son temps "Dieu est mort, vive Dieu !" entend bien que certains entonnent, plus nombreux, un chant mortuaire. Les prélats en leurs temps hurlaient à l'hérésie ou au blasphème. Les nouveaux préposés aux clés du temple sussurent que ce n'est pas l'Eglise qui brûle mais simplement Dieu qui est un peu fatigué. Dieu lui-même connaîtrait une petite crise existentielle. Dieu descend et ça monte.

Joyeux temps où tout se fissure. Temps où la sociologie politique ose encore se demander pourquoi l'abstention est si forte et glose sur la désaffection des voies d'action politique formelles (et le regrette doucement). Où l'on confond (à dessein) la "dépolitisation" des individus et l'abandon des modes d'action politique institutionnels. Où est assimilée "démocratie" à "démocratie représentative" (1).

Au-delà de la crainte de douloureux retards dans les transports ferroviaires (on peut légitimement s'émouvoir sur les performances moindres du rail hexagonal en comparaison de taux records avant les années 50, notamment vers les crypto Clubs Med du Grand Est), ce qui est surtout au centre des attentions de "la place Beauvau" c'est la réception (favorable) d'un discours qui tendrait à disqualifier les modes d'action politique traditionnels. Sa résonnance parmi certains qui pourraient avoir tendance à répéter de plus en plus en eux-mêmes et dans la rue le mot imposture. A un rythme régulier, espacé dans le temps, ils allaient allumer un cierge à contre-coeur. Craquer des allumettes pour si peu, voici un rituel dont certains pourraient bien commencer à vouloir se passer.

Si l'indécence avait su par le passé se fondre tranquillement dans un esprit gentillement franchouillard (cf. les discours où même les anti droitiers commencent presque à regretter le côté bon vivant d'un Chirac. Les frais de bouche se trouvaient quasiment annulés voire asbsous pour cause de penchants zoophiles avérés chaque année au Salon de l'Agriculture... on ne peut en vouloir tout à fait à un admirateur de toutes celles qui regardent passer les trains...)



L'indécence est affichée, elle se voit et Nicolas n'a même pas le goût du pis... Si une certaine ambiguïté pouvait exister sous Mitterrand et Chirac, les mesures manifestement minables de l'Agité-en-chef, "phénoménales" dans le sens où elles apparaissent clairement à nos regards viennent peut-être heurter un certain imaginaire collectif, empreint du glorieux souvenir de nos meilleures années. Nicolas Sarkozy a voulu faire sien le "combat " contre la maladie d'Alzheimer (2). Par-delà l'instrumentalisation traditionnelle de l'affect à des buts électoraux, ce qui vient s'entrechoquer à des représentations communes, c'est l'oubli ou plus précisément la négation, la dénégation, la révision et la réécriture du passé par le Monarque de droit pratique : "rôle positif de la colonisation", ordonnance de 1945 sabrée, politique d'immigration, remise en cause de la loi 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat par la promotion d'une "laïcité positive", actualisation du délicieux triptyque des années 40 :

Travail : remise en cause des 35 h, instauration du RSA, systématisation et densification des contrôles des chômeurs, révision (vers le néant) du code du Travail, remise en cause du droit de grève par l'instauration du "service minimum" ...

Famille : discours de culpabilisation des parents des classes populaires (accompagné de sanctions pénales), nomination au gouvernement d'une grande amie de l'Opus Dei, Christine Boutin, réduction de 20 % des budgets alloués au Planning familial (3) ...

Patrie: création du ministère de l'immigration et de l'identité nationale, offense au drapeau (4), réédition de la thématique de l' "Union sacrée" (grévistes irresponsables, anti-patriotes...) ...

Nous en sommes là : criminalisation de la contestation politique informelle (déplacement de la notion de terrorisme d'Etat vers celle plus utile où tout individu - susceptible de dire un peu trop fort et un peu trop loin des ONG, syndicats et partis leurs sérieux doutes quant à la légitimité des politiques de contrôle social mises en oeuvre- est coupable) systématisation du fichage (prélèvement ADN, biométrie...), suppression des juges d'instruction, lois Perben II, renforcement du contrôle de l'audiovisuel public; privatisation des services publics, politique fiscale en faveur des plus riches, "politique de relance" pour les banques, diminution des crédits à la culture... Nous sommes tous des déviants potentiels qui n'avons décidemment rien compris aux réformes.


Alors évidemment, quand on se hasarde à asservir toujours plus les laquais, et qu'on commence à comprendre que ceux-ci pourraient éventuellement avoir envie d'envoyer valser les seigneurs, on renforce de façon concomittante le pouvoir de coercition de l'Etat. Explosion du nombre de garde à vue, déploiement militaire lors de manifestations... Et l'on aura dans le même temps jamais autant fait l'apologie de la liberté individuelle (éloge du petit entrepreneur qui veut s'en sortir) évidemment. Des discours creux pour des cellules pleines. (5)

La scénographie du pouvoir de coercition sur les corps par l'Etat, lors de manifestations notamment, semble créer un effet inattendu : au lieu de signifier à la populace l'emprise et la capacité de neutralisation sur des "fauteurs de trouble" (toujours encapuchonnés et violents) - et donc d'asseoir son autorité , cette mise en scène (non dépourvue d'effets bien réels - arrestations massives, constitution de fiches de renseignements, etc...) devient un pré-requis empirique à l'élaboration de ce que l'on pourrait appeler une réflexion philosophique et politique chez des personnes qui pouvaient croire jusqu'alors en le bien-fondé de l'appareil répressif. En d'autres termes, la violence d'Etat, la violence structurelle s'incarnent. Elles se détachent de la sphère du concept, elles prennent corps. Elles se voient, elles s'entendent, elles se vivent. C'est à ce moment précis que peuvent se renverser les croyances en la légitimité de la puissance répressive de l'Etat et se révéler son essence même. Pas besoin de lire Weber pour saisir la violence d'Etat, il suffit de se promener un samedi après-midi métro Barbès et voir 200 personnes se faire encercler en moins de deux minutes par des flics surarmés agitant avec plus d'aisance la lacrymo que le lobe supérieur gauche. L'expression de voix dissonantes ? Oui, mais au commissariat et sous bonne escorte.





Ceux qui disposent d'un fauteuil attitré à l'Assemblée ne se déchirent devant les objectifs pas tant pour de supposées visions du monde antithétiques que pour la conservation de ce privilège rembourré. Que l'on soit assis à droite ou à gauche du demi-cercle, on est toujours assis dans le même lieu. Les mots sont les mêmes, on joue à se faire mal. Quand vient le temps du "renouvellement" des strapontins permanents, "on" se félicite d'un bord et de l'autre de la table du studio télé du taux de participation aux élections. "Ah, quelle vitalité démocratique ! " (comprendre "ils y croient encore !") relayé par l'art thuriféraire des journalistes.

Et certains continuent à clamer : "Organisons-nous, nous élirons mardi soir un chef, des sous-chefs, des responsables pour organiser l'élection et nous nommerons des rédacteurs pour dire tout le mal que nous pensons des dirigeants." La création du NPA est à ce titre une petite merveille : participant pleinement de l'intégration des "marges", il pense que le changement profond et durable procèdera d'un mimétisme organisationnel. Il fait sien le discours normatif de la "crédibilité". Expertise, délégation des pouvoirs, hiérarchisation, pas de doute, la création d'un parti d' "extrême-gauche" procède bien d'une "réappropriation" : celle des structures langagières et structurelles propres aux institutions garantes de nos libertés, yes. Applause.



" L'État est une entreprise politique à caractère institutionnel dont la direction administrative revendique avec succès dans l'application de ses réglements le monopole de la violence physique légitime sur un territoire donné." Max Weber.

La légitimité explose, le succès de la revendication s'effrite, le sujet de la proposition peut devenir compost.






Fini le temps des cahiers de doléances.

De la pé-da-go-gie.

Barbès n'est pas très loin de la Nouvelle-Athènes.








(1) A ce sujet, il est presque désolant d'assister dans les discours des "représentants du peuple" à l'abandon du concept de "démocratie de marché". Cette alliance douteuse d'une notion politique et d'un mode de régulation économique (le capitalisme en l'occurence qui s'installe sur la Place rouge) avait au moins le mérite de préciser l'essence même du dévoiement d'une démocratie authentique par sa représentation discursive. Le peuple doucement squizzé, la démocratie par et pour le marché.

(2) Pas totalement à la ramasse sur ce coup-là puisque faire le tour des hospices de France rapporte pas mal : aimer les vieux, c'est bien : les vieux aiment qu'on s'intéresse aux vieux. Et si les vieux se sont reproduits, la descendance pourrait être sensible à cet intérêt soudain pour les grabataires et leurs familles pourvues d'un bulletin de vote. Touchez mon écrouelle Monseigneur. Votez Thaumaturge.
www.liberation.fr/societe/010116961-alzheimer-sarkozy-veut-un-plan-pour-le-1er-novembre


(3) Il faut être absolument moderne, militons pour la réintroduction des aiguilles à tricoter : www.lemonde.fr/societe/article/2009/01/27/le-planning-familial-proteste-contre-la-reduction-des-credits-de-l-etat_1147074_3224.html



(4) " Le 24 janvier 2003, l'ensemble des députés a adopté, dans le cadre de la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (Lopsi) proposée par Nicolas Sarkozy un amendement créant le délit d'«outrage » au drapeau français et à l'hymne national, La Marseillaise. Délit sanctionné par un emprisonnement de 6 mois et 7 500 euros d'amende." Source : Wikipédia.


(5) Nicolas devrait pourtant savoir qu'en embastillant trop et en réhabilitant à sa manière l'Ancien Régime, on peut perdre ses esprits. Vite, une cure de phosphore pour le Roi ! La prise en charge du président sera exceptionnelle (d'ici là, et afin d'améliorer les capacités cognitives et "mémorielles" du Saint-Homme, l'opération "Une lamproie pour Nicolas" est lancée).

samedi 31 janvier 2009

En passant par le Luco, parcours de santé







Les abords du Luxembourg ne sont plus ce qu'ils étaient...







Un son Antimollusques.
Une image Ubifaciunt.

dimanche 25 janvier 2009

XXXXX

" - Je puis vous en témoigner formellement, Astrid, monsieur votre époux a raison: le fistfucking n'est pas proscrit les dimanches de pluie.

- Certes, mais, dites-nous cher Abbé Cottard, est-ce bien à l'ordre de la Fraternité du Saint-Esprit que nous devons libeller le chèque pour la prochaine régate d'Enguerrand ?"




" Mais pourtant, j'ai bien demandé à être tournée vers la droite."




" Notre Père qui êtes aux cieux, je me concentre."




" - Nous en avons livrés beaucoup, Charles et moi...

- Claude a raison, de plus, si je puis me permettre, nous n'avons violé que notre cadette."





" Christ calliiiing.... now war is declared-and battle come down"




" Aymeric ne me prendra pas par derrière, foi de louvette."







" Titille-moi la chaussure bateau, Alix."




" Je vous le répète: ma myopie n'a rien à voir avec mes parents-cousins."










" Mon Père, nous verrons cela après la marche..."




" Ouille !"




" Rien à treuf', je ferai Jean-Pierre Mocky."







" Couper un arbre à kebab est un meutre."




" Non, les enfants, ces merguez ne contiennent pas de josacine."




" Notre Dame des Bigoudis, priez pour nous."




" Mais je vous assure, Marie-Madeleine, la vierge elle-même pratiquait l'oral sex."




" Je suis partout, partout."




" Fist T-Shirt chouan"




" Mais si, j't'assure, j'te file un Pikachu contre deux touche-pipi."




" Brassards Lavallière"










" De l'inconvénient d'être né."




" Le crack ferait également des ravages parmi la jeunesse catholique."

















" Le catholicisme est un pacifisme."




" Le Tout-Paris le sussurait : Sophie Davant revend des fauteuils."





lundi 19 janvier 2009

Pharmacopée roumaine



Propre du procrastinateur : Jugez-moi sur mon lit de mort.

*

Survivre par -30, clamser sur la mer Egée.

*

Se rêver Antigone, vivre en Ismène.

*

Applaudir et ruminer.

mercredi 14 janvier 2009

Constantine




Comment cela s'appelle-t-il?


*


La France présente une capitale où le temps semble s'être arrêté sur la case Ancien Régime. Où chaque façade pue le pouvoir et les jouissances de ses dignes représentants. L'obscénité y prospère. Sa contestation est rendue inaudible. Les rues y sont rectilignes, identiques et hautaines. 

Les rois s'appellent désormais "président", "premier ministre", "députés", "sénateurs". Sur les mêmes fauteuils, les mêmes ordures. "Elues" par on ne sait trop qui. Tous ceux qui croient encore que l'urne n'est pas tout à fait funéraire. Qui s'imaginent qu'en déposant un petit billet, l'inique sera un peu plus effacé, un peu moins grossier. Il n'est plus question d'aménagement. On peut tout à fait déplacer des cloisons, en améliorer l'esthétisme, ce n'est pas en participant activement à sa rénovation que la prison deviendra agréable. 


*


 
«Pour la première fois depuis une génération, le nombre de clandestins en France a commencé à décroître en France.» (1)


Ils éructent et en appellent à notre volonté d'intégration par la maîtrise de la langue, de sa grammaire. Quand bien même le métèque parviendrait-il à déployer ladite volonté par l'usage quotidien de l'imparfait du subjonctif, l'Etat français lui vomirait encore à la gueule. "Droits des étrangers" disent-ils. Les ministères de la "Justice" (sic) et de l'Immigration et de l'Identité Nationale ont un sens aigu de l'oxymore. 

Quand quelque chose s'effondre ou tend à disparaître, on hurle son existence dans les moindres sous-pentes. Un vibrant hommage de la liberté dans une cellule. Je vous comprime tout en célébrant dans un énième trémolo mon souci de la libre expression.

Festoie, Brice. Targue-toi de ton bilan, promène toi d'un palace du peuple à un autre. Du 101 rue de Grenelle au 127.  Treize portes cochères plus tard, l'identité tautologique du salaud demeure.


Qu'aurais-je, Brice, quand j'aurais balancé à tes services ce grand con de S. qui fait des fleurs en fil de laiton? Quand mon plastron sera décoré aux couleurs de la République, de celles qui broient, qui expulsent. Elle sera comment la médaille? Jaune pâle? Aurais-je droit à des "miles" pour parcourir ce monde que tu méprises car trop peu menotté à ton goût ? Les décorations tiennent plus du linceul que du simple apparat. On organisera encore des galas en l'honneur de tous ceux qui en ont perdu le sens. On glosera à l'envi sur les nécessités d'expliquer à la populace que, si elle n'est pas contente, c'est qu'on a failli en matière de communication et de pédagogie. S'il y a soulèvement, il s'agira simplement d'un malentendu. D'une petite erreur de compréhension. 

"Développement solidaire"







Dans sa cellule, S. fait des fleurs en papier toilette. 









(1) Extrait de la conférence de presse donnée par Brice Hortefeux, le 13/01/09



Le vulgaire mis au service de la "pédagogie gouvernementale" en matière de politique d'immigration: une contribution de Nadine Morano, représentante de la commission "Classe, intelligence et vous-avez-une-culture? (sic)"


jeudi 8 janvier 2009

Bureau d'entraînement





Prendre les armes ou le coupon du RMI ? Considérer les paroles d’une « coach » mandatée par l’ANPE qui nous apprend en y croyant vraiment que l’ « on ne peut pas être naturel » dans un entretien d’embauche et que l’authenticité dont je lui parle est considérée – « c’est un exemple » - par les employeurs comme le fait de « travailler nu ».

Lui parler de « violence symbolique ». Lui dire, que, non, on n’a pas envie de « jouer le jeu » dont elle parle.


Douce incommunicabilité !

Les chômeurs ont ceci d’intéressant, c’est qu’ils permettent à d’anciens membres de la confrérie abonnée aux entretiens infantilisants de rendre le type le plus sensé pèlerin régulier de Sainte-Anne. Ou aspirant plastiqueur.


S’assurer un « avenir » où certes, à la fin, on pourra actionner la pompe à oxygène en susurrant que l’on ne s’est pas trahi, mais où l’on aura rapiécé ses guenilles avant un énième « entretien » avec un laborantin-sauveur de l’humanité perdue.

Vous avez bien de la chance, Madame, que mon estomac gargouille encore, et qu’il me réclame de la matière, que son exigence à lui me conduise dans vos bureaux puants l’éther et la javel, me demandant si j’attends un bilan sérologique ou simplement des « ressources pour l’emploi ».

Vous parler du « souci de l’autre » et des mots. Qu’il faudrait peut-être un peu plus considérer. Que la légitimité dont vous vous croyez investie pour me dire qui je suis existe autant que votre compréhension du mot « violence ».

Le sens symbolique a déserté la pièce et l’univers. La violence du même ordre, elle, se porte bien.







Puisqu'il est d'usage d'être poli quand vient le temps des nouveaux calendriers chatons et biches s'abreuvant au ruisseau, voici un exemple de souhaits rigolards en provenance du joyeux pays de la matraque et des lacrymos


jeudi 30 octobre 2008

Ich bin ein Fascissois

Propreté, solidarité et rafles cot cot codées









" Dans le cadre de la Présidence Française de l’Union Européenne, Vichy accueille les 3 et 4 novembre prochains, la conférence des Ministres européens consacrée à l'intégration des étrangers en Europe. Cette conférence internationale est présidée par Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire. Près de 1350 personnes vont séjourner à Vichy. Bienvenue aux 30 ministres européens et à leur délégation ! 

(...)

Brice Hortefeux convie les 3 et 4 novembre prochains à Vichy ses homologues de 30 pays européens pour débattre de l’intégration des étrangers en Europe. C'est la première fois depuis la fin de la deuxième guerre mondiale que Vichy a l'honneur d’accueillir une grande conférence internationale. Un symbole fort qui marque la fin de l’ostracisme envers notre ville trop souvent victime de l’injuste confusion entre Vichyssois et Vichystes. C'est aussi une reconnaissance de nos atouts en matière d’accueil.  " (sic) (1)


Assez étrangement, il y a comme qui dirait une survivance de la connotation. Peut-être faudrait-il tremper la carte Michelin sous-section Allier dans un bain d'ions neutralisants. Une solution de neutrons pour un ancien partenaire de la finale. Et c'est bien évidemment en y organisant un sommet sur la coordination de la rafle version boeing 2008 (toujours plus rapide qu'une micheline) que l'esprit nauséabond sera définitivement dissout. Evidemment.

C'est un tort, on ne consulte que trop peu le programme culturel des métropoles de second rang. (2)



Le kiosque à journaux se vide aujourd'hui de toute presse nationale pour cause de préposés à la typo' furibards ? Pas grave, il reste les revues municipales et leur charmante mise en page (3). La preuve, (je suis partout) C'est à Vichy propose en front page un reportage sur le sommet dégage le basané 2008, un article intitulé "la propreté, c'est l'affaire de tous !" (sic) et souhaite une "bonne rentrée !" (sic) aux petits (blonds de préférence). Superbe. (4)



"Pourquoi avez-vous choisi d’organiser cette conférence à Vichy ?"

Brice Hortefeux : "Comme conseiller régional et très attaché à l’Auvergne, j’ai voulu profiter de cette opportunité formidable de placer Vichy au coeur de l’Europe. Outre le fait que la ville dispose de toutes les infrastructures nécessaires pour accueillir un tel événement, il était plus que temps de rompre avec l’ostracisme qui touche encore injustement la ville. Voici pour Vichy une belle occasion de donner une image d’avenir !

... des cons ont pensé à une régularisation massive des bouffeurs du pain of ours en sous-préfecture, d'autres ont songé à l'avenir du souvenir dans une répétition infinie où les peuples dégénérés doivent être, sous bonne escorte, réexpédiés à bon port pas propre. (Quant à "l'ostracisme" de la ville, le problème pour Brice, ce n'est pas tant l'association Vichy-sous-préf'-perdue/Pétain, mais bien France-de-tout-de-suite/Vichy...) (5)

Là, la question qui fâche, l'acmée du journalisme d'investigation :

"En dehors des séances de travail, quel va être l’emploi du temps des délégations ?"

Brice Hortefeux : "Les délégations, qui logeront toutes dans les hôtels de la ville, se retrouveront au Palais des Congrès pour y travailler. Elles auront aussi naturellement tout le loisir pour découvrir Vichy et ses environs. Elles assisteront également le soir à un spectacle à l’opéra."

Eh Brice, quand tu applaudiras du balcon à la connerie du monde, tends pas trop le bras, tu risquerais de te faire une tendinite. Faut bien se détendre après une session charter. Distribution de bas de contention pour tous. 



On reproche à Hortefeux son absence de tout sens du symbole, néanmoins en conviant ses petits amis en uniformes à cette sauterie, il se rapproche de façon fort troublante de l'essence même de la chose. Les potes à Platon se reconnaissaient grâce à l'assemblage de deux pièces -le sumbalein- , Hortefeux et les "trente-ministres-de-la-délégation-qui-sont-les-bienvenus-dans-la-ville-injustement-ostracisée" ont glissé dans leur attaché case le morceau de la reconnaissance. Le carton d'invitation frappé du sceau de la République doit préciser en note qu'il serait de bon ton d'apporter le tronc et le col du fémur d'un malien tombé d'un train d'atterrissage. Sinon, y s'ront tout perdu les ministres; ce serait dommage de liquider les derniers humanistes dans les thermes...





A Vichy le 3 novembre, on joue la Walkyrie.








(1) L'office de tourisme de Timisoara est en grève, l'Allier résiste :
ville-vichy.fr/vichy-au-ceur-de-leurope-les-3-et-4-novembre.htm


(2) Et quand à Douaumont, dans un ossuaire nous organiserons 
      La rencontre main dans la main des industries chimiques, 
      Trinquons...


(3) Si la couverture de ce journal ne figure pas dans "la casuistique des proximités douteuses et des mises en page qui osent tout", j'écoute Wagner à fond dans le ghettoblaster.


(4) Le sieur Malhuret Claude, maire UMP de la commune qui réceptionne ces messieurs-bon-coeur et signe un simili édito où sont successivement abordées la question des caniveaux et celle douloureusement reliée du curetage coordonné, a visiblement occupé le poste de "secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, chargé des Droits de l’Homme" (sic) entre mars 86 et mai 88; depuis mars 2004, le G.O. serait "membre de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme" (sic) et "auteur d’un ouvrage intitulé « Les vices de la Vertu ou la fin de la Gauche Morale » (sic). Comment dit-on "rêver" en étranger ?


(5) Il serait tellement plus agréable qu'à terme les bons petits ânes de la 6èmeB du collège Raffarin de Maison-Laffitte convoquent le concept de crème de jour pour se souvenir de Vichy.